Archives de catégorie : Mes lectures

Mort d’Umberto Eco

J’ai appris ce matin qu’un de mes auteurs préférés avait passé l’arme à gauche, à savoir l’auteur italien Umberto Eco. Dans sa brillante carrière d’universitaire et d’essayiste il avait écrit quelques romans tous prodigieux et qui figurent en bonne place dans ma bibliothèque. Le style et l’histoire, pleine d’érudition, sont à ce point captivants qu’ils poussaient à une lecture compulsive. J’ai tout simplement adoré ces romans, avec peut être s’il fallait en choisir un, une petite préférence pour le pendule de Foucault qui mêle enquête policière en se moquant bien des milieux ésotériques.


Parmi ses autres livres, j’avais rédigé en son temps quelques avis de lecture. On retrouve ma lecture de son roman le plus connu, le nom de la rose, de Baudolino et de la mystérieuse flamme de la reine Loana,

Lecture L’homme de l’ombre de Robert Harris

J’ai terminé la lecture de l’homme de l’ombre (The ghostwriter dans la version originale) de Robert Harris, c’est l’histoire d’un “nègre” chargé de rédiger les mémoires d’Adam Lang, ancien premier ministre de Grande Bretagne. Il prend la suite d’un premier rédacteur, mort dans des circonstances floues. Au grès de son travail de rédaction il découvre des secrets que son client ne semble guère vouloir dévoiler.

Ca commence plutôt doucement avec une intrigue qui s’attarde sur les techniques employées par les nègres littéraires pour transformer une énumération aride de faits qui font une carrière en une autobiographie attractive qui se vendra. Au fil des pages et des découvertes du héros, la tension et le suspens montent et il devient vraiment difficile de décrocher. Encore un excellent roman de Robert Harris.

Lecture : Le naufrage de la méduse

J’ai terminé la lecture du livre “le naufrage de la méduse” de Michel Hanniet aux éditions “l’ancre de la marine”. Tout le monde connaît le célèbre tableau de Gericault “le radeau de la méduse” qui est entré dans l’imaginaire collectif.

On sait moins que ce tableau est inspiré d’un fait réel, le naufrage de la frégate Méduse sur le banc de sable d’Arguin au large de la Mauritanie en juillet 1816. Ce banc de sable était pourtant connu des marins de l’époque et répertorié sur les cartes, mais c’est l’incompétence du commandant de Chaumareys qui l’a conduit dans cette fâcheuse posture. Il faut dire que suite à la chute de Napoléon un an plus tôt, beaucoup de nobles avaient été réintégrés dans la marine et avaient obtenu d’emblée des commandements sans qu’ils soient jugés sur leur compétence dans le domaine.

Le reste est une incroyable histoire qu’on a peine à imaginer qui a pour fil directeur la survie. Suite à ce naufrage l’épave échouée est abandonnée (ou presque), l’équipage et les passagers sont évacués dans des chaloupes et dans un radeau constitué à la hâte. Le statut social déterminant ceux qui prennent place sur les moyens les mieux équipés. Sur le radeau prenne place dans les 150 personnes, il est remorqué par les chaloupes qui décident de le larguer. Le radeau va dériver pendant 13 jours avant d’être repéré par le brick l’Argus (c’est le moment choisi par Géricault pour situer sa peinture). Les naufragés ne sont plus que 15, entre temps ils se sont entre tués et ont du avoir recours au cannibalisme pour survivre. Pour les chaloupes, les mieux équipées atteignent sans difficultés Saint Louis (du Sénégal), les autres touchent terre et continuent leur périple à pied, ils traverseront le désert en parcourant au total 400km en plus de 15jours dans le dénuement le plus total grâce à l’aide des bédouins. Cette histoire eut un retentissement colossale à l’époque et déboucha sur un procès qui condamnera finalement le commandant de Chaumareys.

Ce livre n’est pas un roman mais une véritable enquête d’historien, l’auteur s’est basé sur différents témoignages de survivants et a recoupé les témoignages. Il arrive ainsi à reconstituer le fil de l’histoire que même un excellent scénariste aurait difficilement pu imaginer, la réalité dépasse largement la légende.

Lecture Block 109

J’ai découvert récemment la série de bande dessinée Block 109, elle repose sur le principe de l’uchronie. C’est un genre littéraire où l’histoire est réécrite à partir d’un événement imaginaire qui va bouleverser le cours de l’histoire. En l’occurrence avec block 109, Hitler est assassiné en 1941, et comme ce dernier était très loin d’être un grand stratège militaire, ses généraux ont su renverser le cours de l’histoire et éviter l’effondrement des années 44 et 45.

C’est dans cette univers crépusculaire qu’on retrouve des personnages qui ont réellement existé. Ainsi dans l’album Etoile Rouge, l’allemagne nazi n’envahit l’URSS qu’en juillet 1944. Le régiment de chasse Normandie Niemen n’est constitué qu’à ce moment là. On retrouve les personnages historiques comme Marcel Albert qui combattent à bord de chasseurs à réacteur.

C’est superbement dessiné, le scénario est plutôt noir (voire très noir), le dessin est privilégié au détriment du texte, du coup ça se lit sans doute un peu trop vite. Dans la même série, je viens de terminer Opération soleil de plomb.

Cette fois-ci l’Afrika Korps a conquis quasiment toute l’Afrique et traque ce qui reste des combattants du colonel Leclerc avec une action qui se passe en 1947 quelque part en Afrique noire.

Lecture HHhH de Laurent Binet

J’ai terminé la lecture de HHhH de Laurent Binet qui a reçu dernièrement le prix Goncourt du premier roman. Ce livre est assez déroutant, c’est à mi chemin entre le livre d’histoire et le roman, on suit les atermoiements de l’écrivain qui hésite entre les deux genres. Au fil des pages, il construit son histoire en y mêlant ses sentiments personnels, les faits réels et les hypothèses. Au final ces digressions pourront en rebuter plus d’un, mais c’est ce qui fait l’originalité du livre.

Le sujet n’est pas gai, il tourne autour de l’opération Anthropoïde planifiée de Londres qui a pour but l’assassinat de Reinhard Heydrich, archétype du nazi et à l’origine de la solution finale. HHhH signifie Himmlers Hirn Heiβt Heydrich – le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich – , puisqu’il était le bras droit et l’idéologue du parti. L’auteur s’est remarquablement bien documenté, et il éclaire un fait moins connu de la seconde guerre mondiale qui a conduit à des fortes représailles dans la population civile.

Dans ce libre, il y a tout pour en faire un excellent roman d’aventure, des parachutistes prêts à se sacrifier, des simples gens qui deviennent des héros et des traîtres. Sauf que ce n’est pas un roman et que ces gens ont tous existé.

Lecture Dien Bien Phu vu d’en face

J’ai terminé dernièrement le livre “Dien Bien Phu vu d’en face“, c’est un recueil de témoignages d’anciens combattants vietnamiens qui ont participé à la bataille qui a marqué la fin de la présence française en Indochine. Rédigé par six journalistes vietnamiens, dont un ancien de Dien Bien Phu, l’originalité de ce livre est de donner la parole à ceux d’en face. Cela donne un tout autre point de vue de ce qu’on a pu lire jusqu’à présent sur le sujet avec par exemple les ouvrages d’Erwan Bergot ou du général Bigeard.
Les témoins sont de tout grade et de toute condition. Ils vont du célèbre général Giap, commandant en chef des forces vietnamiennes pendant la guerre d’Indochine mais également pendant la guerre du Vietnam menée contre les américains, jusqu’à de simples combattants, travailleurs ou infirmiers.

Bien loin des discours bien rodés d’une certaine propagande, ces témoignages délivrent la réalité crue des conditions effroyables de ces combats. Un livre incontournable et complémentaire des livres de témoignages de combattants français.

Lecture conjuration Casanova, frère de sang et la croix des assassins

Profitant d’un long déplacement, j’ai lu dans la foulée la “Conjuration Casanova”, “frère de sang” et “la croix des assassins” d’Eric Giacometti et Jacques Ravennes. Autant j’avais apprécié le rituel de l’ombre des mêmes auteurs, autant j’ai été particulièrement déçu par la suite des aventures du flic franc maçon Marcas. Ça va crescendo dans le grotesque au point que ça en devient ridicule et risible. Certes j’aurais pu arrêter là la lecture, mais je n’avais que ces livres sous la main.

Dans la conjuration Casanova le héros Marcas doit faire face à une secte qui a érigé l’orgasme comme un but en soi (!?). Dans le frère de sang, c’est la franc maçonnerie qui est en piste avec toutes les grosses ficelles et autres clichés. On atteint le summun avec la croix des assassins avec le retour des templiers aux affaires !

Bref, je n’ose imaginer la suite des aventures, mais en tout cas pour ma part, j’arrête là.

Le grand duc de Yann et Hugault

Le père noël m’a comblé en m’apportant le coffret des 3 volumes du grand duc de Yann et Romain Hugault. C’est une superbe bande dessinée aéronautique qui met en scène un as allemand durant la seconde guerre mondiale sur le front russe sur fond d’amour impossible avec une pilote soviétique. Les 3 tomes s’étalent de 1943 jusqu’à la fin de la guerre en 1945.

L’originalité de l’histoire est que le héros est allemand, la morale est cependant sauve puisqu’il est anti nazi ! Il a ainsi l’audace d’effacer la croix gammée sur la dérive de son chasseur.

C’est remarquablement dessiné, les images sont magnifiques, les avions sont dessinés avec une grande précision, ça fait oublier que ça se lit vraiment très (trop) vite.

Lecture les naufragés de l’île Tromelin par Irène Frain

Je viens de terminer le livre d’Irène Frain sur les naufragés de l’île de Tromelin. Ce livre raconte de manière à peine romancée l’histoire véridique des naufragés du bateau l’Utile sur l’île de Tromelin en 1761. Pour corser le tout, le bateau transportait de manière illégale des esclaves à destination de l’île de France (l’île Maurice actuelle) et l’île de Tromelin est particulièrement hostile à toute vie.

C’est l’histoire de ce petit monde qui tente de survivre sur ce caillou avec toutes les faiblesses humaines en exergue et qui reconstruit un bateau pour s’enfuir. Au prix d’effort et sous l’impulsion de quelques personnages, le bateau est enfin achevé, sauf qu’il ne peut contenir tout le monde… C’est donc évidemment les esclaves qui ont pourtant contribué à le construire qui resteront sur l’île. Une poignée d’entre eux sera récupérée 17 ans plus tard !

A ce sujet, on peut trouver sur le net le site qui est consacré au livre, on y trouvera des photos de l’île actuelle et des restes du campement des naufragés. A voir également la page de wikipedia.

Lecture Erwin Rommel par Benoît Lemay

Pour l’histoire et l’imaginaire collectif Erwin Rommel incarne le noble soldat à l’esprit chevaleresque qui s’est brillamment distingué en Afrique du nord avec l’Afrika korps au point d’être estimé par ses adversaires. Il est également connu pour n’avoir jamais été mêlé aux massacres du régime nazi et avoir participé à la tentative d’assassinat contre Hitler qui lui coûta la vie, puisqu’il fut poussé au suicide.

Ce livre vient quelque peu écorner cette image, on découvre un personnage bouffi d’ambition prêt à tout pour monter dans la hiérarchie et surtout qui est resté un très grand admirateur et proche de Hitler jusqu’au bout (ou presque). Il s’est retrouvé mêlé à la tentative d’assassinat de Hitler bien malgré lui, les comploteurs ayant cité son nom comme potentiel successeur, en raison de sa forte popularité.

Son génie militaire est également mis à mal, certes son audacité n’est pas remise en cause, mais elle apparaît plus comme de la témérité ou de l’inconscience, ces succès ont beaucoup reposé sur ses chefs d’état major qui ont su tourner à leur avantage des situations mal engagées parfois contre l’avis de leur chef. Rommel a su détourner ensuite à son profit ces succès.

Bref un très bon livre qui offre un nouvel éclairage sur le personnage.