Ile de Pâques grandeur et décadence

Je regarde de temps à autre l’excellente série sur Arte « enquêtes archéologiques ». On suit les pérégrinations de l’archéologue belge Peter Eeckhout qui, à chaque épisode, se focalise sur un site et présente de manière très accessible les dernières recherches en date sur le dit site entouré des meilleurs spécialistes et experts. On passe aussi bien du mystère des géoglyphes de Nazca à la cité légendaire de Troie.

Récemment il a abordé le sujet de l’île de Pâques sur laquelle j’ai eu la chance de m’y rendre il y a quelques années.

Ahu de Nau Nau

Les dernières recherches initiées par le chercheur belge Nicolas Cauwe marquent un tournant car elles chamboulent complètement la vision qu’on avait de l’effondrement de la civilisation pascuane.

Jusqu’à présent les historiens ont privilégié l’hypothèse du suicide écologique et collectif. En gros, les tribus de l’île se sont lancées dans une production immodérée de moaï (les fameuses statues de l’île) à qui elles vouaient un culte.  Elles les acheminaient sur des rondins, et le bois était également utilisé pour les ériger. Associé à leur utilisation pour l’habitat et les feux de cuisson, cela a entraîné une déforestation, un épuisement des ressources, une révolte des tribus contre les moaï qui ont été jetés à terre, l’abandon brutal de la carrière des moaï sur le volcan Rano Raraku, des guerres fratricides entre tribus et la famine.


En fait, même si on ne peut pas nier la déforestation, la fin du culte des moaï vers celui du dieu Make Make a été progressive et marquée par le respect de l’ancienne religion. Mais tout a été organisé et pensé pour empêcher un retour en arrière vers l’ancienne religion, une sortie de tabou (tapu en polynésien) a été jeté. Ainsi les ahu (les plateformes sur lesquelles sont érigées les moaï) n’ont pas été détruits, mais les moaï ont été couchés à terre, face contre terre, le plus délicatement possible. S’ils avaient été projetés, ils se seraient cassés en mille morceaux.

Ahu de Tanga Tee

De même que les moaï n’ont pas été abandonnés sur le flanc du volcan Rano Raraku, tout porte à penser qu’ils y ont été laissés de manière tout à fait intentionnelle pour empêcher toute nouvelle extraction.

Carrière de Rano Raraku

Les pascuans ne sont pas morts de faim pour autant, ils ont su s’adapter et développer des techniques de culture particulières et novatrices.

Au final j’ai modifié mes pages sur l’île de Pâques en prenant en compte ce nouvel éclairage.

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